L'Epreuve de Gilthos
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L’Épreuve de Gilthos

Dans cette chronique se racontera l’Épreuve que Gilthos a dû passer pour devenir un mage accompli. Je vous conseille de lire la première chronique intitulée " Voyage à la Tour de Magie Elfique " avant d’entreprendre cette lecture.

Gilthos entra dans la salle désignée par Porthias.

Tu passeras l’Épreuve en cette salle, dit une voix désincarnée ressemblant à celle de l’archimage. L’Assemblée t’observera et tous les gestes que tu porteras seront étudiés !

Gilthos essaya de déterminer la source de la voix, mais en vain. Il vit trois portails magiques s’ouvrir devant lui, un blanc, un rouge, et un noir presque indistinct en cet endroit où la noirceur était déjà omniprésente. Le jeune mage se souvint d’une chose ; chaque Épreuve est différente selon la personne, mais au commencement, il y a toujours deux étapes qui sont quasiment identiques : le choix de sa Voie et de sa spécialité où il faut passer par des portails. La race détermine les spécialités que peuvent prendre les jeunes apprentis. Gilthos étant un Elfe Sylvain, il n’avait que le choix entre être un Druide, grand ami de la nature ou être un Enchanteur, spécialiste des enchantements. Il entra dans le portail de la Voie Blanche et se retrouva dans une salle d’une blancheur immaculée. Il vit un portail vert, sûrement celui du Druide puisque cette couleur représente la nature, il le traversa.

Gilthos arriva sur une plate-forme de bois suspendue à un arbre, et il y en avait plusieurs autres.<< Cet endroit est majestueusement beau ! >> pensa-t-il. Le jeune Druide regarda l’écriteau le plus près, << Kalithin >> y lut-il.

Sûrement le nom de cette magnifique cité, dit-il.

C’est cela même ! Vous devez être nouveau, lui répondit une douce voix.

Gilthos se retourna et vit une magnifique jeune femme Elfe.

Alors, on ne parle plus aux gens ou êtes-vous devenu muet ? dit-elle d’un air moqueur.

Ah, euh... excusez-moi... oui, je viens d’arriver.

Hé bien, laissez-moi vous souhaitez la bienvenue en notre cité ! Mon nom est Lorina Alathanas, Druidesse !

Je me nomme Gilthos Hilthas, apprenti-Druide.

Ah, un collègue ! Mais d’où venez-vous donc ?

De... ( mais il s’interrompit, sa ville ne devant pas exister dans ce monde virtuel, il devait ruser ).

Alors vous venez de ‘’ De ‘’ ? Quel drôle de nom ! dit Lorina d’un ton moqueur en esquissant un sourire.

Non, non ( Gilthos rougit ) ! Mais j’aimerais ne pas le dire pour garder mon intimité...

Dans ce cas, je ne vous le demanderai pas une deuxième fois !

Dites, y a-t-il un ascenseur ou un portail pour se rendre au sol ?

Bien sûr ! Sinon, comment ferions-nous pour descendre ( ils laissèrent échapper un petit éclat de rire ) Vous n’avez qu’à aller tout droit dans cette direction ! dit-elle en pointant vers l’ouest.

Merci pour vos renseignements !

Oh, mais attends un peu avant de partir ! Tiens, prends cet anneau, si tu as besoin d’aide, prononce mon nom et je viendrai. Beaucoup de jeunes nouveaux se perdent en cette ville, il te sera utile.

Encore merci, Dame Lorina, dit-il, rougissant de plus belle.

La Druidesse se téléporta, disparaissant devant les yeux de Gilthos.

<< Je ne croyais pas que l’Épreuve serait aussi complexe, pensa-t-il. Bon, je dois trouver un endroit où je pourrai dormir >>.

Il tourna sur lui-même et eut de la chance puisqu’il aperçut une auberge sur une plate-forme au sud de lui, il y entra.

Bien le bonsoir, aubergiste ! cria Gilthos

Bonsoir, voyageur ! Voulez-vous une chambre ?

Oui, et... oh non ! J’avais complètement oublié que je n’avais pas d’argent sur moi !

Ah... ce n’est pas grave. Vous travaillerez ici en échange d’un bon lit et d’un petit salaire, cela vous va-t-il ?

Oui, je me nomme Gilthos Hilthas, je suis un apprenti-Druide.

Ah, enfin une aide ! Je m’appelle Alagar Olifa, dit l’aubergiste d’un air joyeux. Vous avez dit que vous êtes apprenti-Druide, non ? Faites-vous escale ici ?

C’est cela ! Mais j’ai été désorienté arrivé ici, pouvez-vous m’indiquer la route à prendre pour me rendre à la Tour où je pourrai achever mon apprentissage ?

Vous n’avez qu’à suivre le sentier se dirigeant vers le sud-ouest !

Merci bien ! Puis-je maintenant me restaurer et me reposer ? Le voyage a été long et pénible pour arriver ici...

Mais oui, entrez là, je vous apporterai de quoi vous nourrir et vous désaltérer, dit l’aubergiste en désignant une chambre.

Gilthos alla s’y installer, la chambre était propre et accueillante. Alagar arriva et mit une assiette sur la table. C’était du vin et du pain elfique, et ils avaient un délicieux goût très recherché. Ayant fini, le jeune elfe s’endormit sur un magnifique lit sculpté par des artisans Elfes, et il était d’un confort remarquable. Cette nuit-là, le sommeil du jeune druide n’était troublé par aucun rêve, il se réveilla serein et dispos. Il entendit un léger bruit de pas dans le couloir, l’aubergiste entra.

Déjà levé ? Hé bien, on peut dire que tu es matinal. Va faire un tour dehors, je laisserai ton déjeuner dans la salle privée au fond du couloir.

Gilthos sortit, il vit un merveilleux soleil se lever, << Le premier Yils doit commencer, dommage que ce si beau monde soit imaginaire >> pensa-t-il.

Cet univers n’est pas virtuel, il existe réellement dans un autre plan d’existence, si tu deviens un archimage druidique, ce plan te sera accessible. Ne cherche pas d’où vient la voix, c’est une transmission de pensée, je suis le Maître Porthias.

Le jeune Elfe était abasourdi. Il vivait dans un monde réel ! Donc il vieillissait et les gens ici présents le reconnaîtraient s’il revenait après avoir réussi l’Épreuve ! Quels gens fascinants sont les archimages de la Tour de Magie Elfique !

Il ne travailla qu’un Fhil, et après avoir fait une dernière visite de la cité, et avoir dit au revoir à ses amis, il se mit en route pour les prochaines étapes de son Épreuve.

Il prit l’ascenseur indiqué par la jeune Druidesse, c’était la première fois qu’il verrait le sol en cet endroit. Cela ressemblait à sa forêt natale, mais ici la faune et la flore était différente, il prit donc son temps pour observer et admirer la nature. Il examina chaque plante, toujours plus étrange que la précédente. Certaines bougeaient même sur le passage du jeune Elfe, comme pour le saluer... Une avait des feuilles à dix points, d’autres étaient des fleurs aux pétales changeant de couleur selon le moment de la journée, jaunes-orangés à l’aube et au crépuscule, jaunes vifs pour le midi, et noirs pour la nuit. Il en cueillit quelques-unes pour sa collection personnelle, quand il aurait le temps il essaiera de détecter des propriétés magiques, puisque Gilthos connaissait assez l’alchimie pour la pratiquer. Soudain, il vit un mignon petit écureuil s’arrêter devant lui, il avait l’air épuisé. Le jeune Druide aperçut un étrange animal se dirigeant vers lui, l’écureuil devait se sauver de cette immonde bête. Il jeta un sort d’enracinement sur la créature, ce sortilège consiste à faire pousser des racines se prenant aux pieds de la cible, ce qui a pour effet de l’immobiliser. L’affreux animal lui lança un regard plein de haine, et se sauva malgré les racines, l’écureuil sauta alors sur l’épaule de l’Elfe et lui parla dans son petit langage animal. Gilthos le prit avec lui, et étant Druide, comprenait les animaux et était un de leurs grands amis. Il continua son chemin sans rencontrer d’autres problèmes. Il vit soudain un arbre, il l’avait vu sur la couverture d’un livre dédié à l’alchimie, il s’avança et lui prit un peu d’écorce et quelques feuilles, alors vint une personne à l’allure maigre. L’étrange personnage lui dit :

Vous n’avez pas le droit de blesser cet arbre !

Mais je ne le blesse aucunement ! s’indigna le jeune elfe. Je suis un Druide, et jamais je ne blesserai un être de la nature ! Je ramasse tout simplement son écorce et ses feuilles déjà mortes !

Ah... dans ce cas, suivez-moi !

Gilthos le suivit sans protester. C’était un Humain habillé d’une longue robe verte avec des motifs de feuilles. Il était outillé pour ramasser des plantes, c’était sûrement un confrère Druide. Ils arrivèrent bientôt dans un petit village, il était fait de chaumières de pierres et de bois.

Vous pourrez vous reposer ici, nous sommes tous des Druides aux grands talents, et nous nous isolons dans la nature où nous pouvons trouver sans perdre de temps tous nos composants essentiels. Mais dites-moi, étiez-vous en voyage pour la Tour Druidique ?

C’est cela même ! J’aimerais bien rester parmi vous mais je ne voudrais pas perdre trop de temps...

Le temps est ralentit ici, alors, voulez-vous rester ? Vous pourrez essayer les composants que vous avez amassés, dit le vieux personnage en désignant le sac du jeune Elfe, qui était remplit de plantes de toutes sortes.

Je resterai peut-être deux journées, mais pas plus !

Bien, faites la visite des lieux, si vous avez besoin d’aide, vous n’avez qu’à aller au petit temple au fond du village et vous pourrez dormir et vous restaurer là-bas.

Sur ce, le vieux Druide partit rejoindre les autres. Gilthos fit le tour du village et le trouva magnifique, il y avait de merveilleuses plantes et tout était très bien entretenu. Il alla au temple, le deuxième Yils finissant, la faim le prit. Il put manger des mets exotiques délicieux, et la boisson était une sorte de jus de fleurs violacés d’où émanait une odeur enivrante. Il en oublia presque que c’était son Épreuve. Après s’avoir bien nourri, il alla au laboratoire du temple, il y trouva bon nombre de racines, de pétales, de feuilles, etc... et tout l’attirail de l’alchimiste. Il ôta son sac de sur son dos et il commença à faire quelques mélanges, lisant les livres avec attention.

Alors, as-tu bien fait de rester quelques temps parmi nous ? lui dit un Druide d’âge mûr.

Très bien fait, même ! Mais j’aurais une question à vous demander, puis-je garder quelques grimoires ? On ne peut pas dire que le mien est fournit...

Bien sûr, nous les connaissons par cœur, et étant donné que vous allez à la Tour Druidique, ils vous seront bien pratiques.

Je vous remercie !

Gilthos se remit aussitôt à ses concoctions avec plus d’enthousiasme. Il réussit à fabriquer une potion de lévitation et une potion de rapidité, sauf qu’elles avaient un affreux goût amer. Il leur ajouta du sucre d’écorce de cerisier, elles devinrent bonnes à boire et leurs odeurs ressemblaient à celle de cerises fraîchement cueillies.

Le jeune Elfe ne resta au village que trois jours, mais les heures étaient plus longues en cet endroit que nulle part ailleurs. Il marcha longtemps dans la vieille forêt, ramassant herbes et plantes, saluant maints animaux, et discutant avec son petit compagnon l’écureuil, qu’il avait nommé ‘’ Flhyl ‘’, qui était un mot de l’Ancien Elfique définissant la vitesse et l’agilité. Soudain, Gilthos s’arrêta. Il regarda autour de lui avec espoir d’apercevoir un sentier, mais en vain. Il comprit qu’il était perdu en cette immensité. Il vida le contenu de son sac, cherchant désespérément un objet lui étant utile, et en examinant ses affaires, il aperçut un halo verdâtre venant de sa main gauche, il vit soudain l’anneau fait de lierres, cadeau de la jeune Druidesse, qu’il avait glissé à son annulaire. Il récita plusieurs fois son nom, un loup d’un blanc immaculé vint s’asseoir devant lui, et il se transforma en une femme Elfe.

Qu’as-tu, mon ami ?

Le jeune Druide ne put répondre, tellement il était impressionné de cette technique de lycanthropie.

Je gage que tu es perdu, les Druides du village voisin ne t’on offert aucune aide, comme tous ceux qui ont passé par-là.

Vous allez pouvoir me faire sortir d’ici ? Je serais si content que vous m’aidiez !

Bien sûr que je vais t’aider, je ne t’ai pas donné cela pour rien ! dit-elle d’un ton moqueur en désignant l’anneau, qui avait perdu son halo magique.

Le visage de Gilthos s’illumina d’espoir.

Comment allez-vous me faire sortir d’ici ? En me téléportant ?

Non, je ne puis que t’indiquer la direction à prendre puisque le temps me presse ailleurs...

Le jeune Elfe se rembrunit.

Tu vois ce chêne là-bas ? Il a une branche basse qui pointe une direction, suit-la et tu arriveras à la route que tu suivais avant de rencontrer le Druide, et tu y trouveras un signe qui te permettra de partir dans la bonne direction.

Merci Dame Lorina ! Je ne sais pas comment vous remercier...

Tu veux me remercier ? Alors, arrête donc de me vouvoyer, je ne mérite pas cela de ta part puisque tu es un ami et mes amis me tutoient !

Comme vous... euh... Comme tu veux, Lorina !

Je dois maintenant te quitter, ne te perds plus ! dit-elle, esquissant un sourire.

Puis elle partit, filant comme le vent sur un loup géant qu’elle avait appelé.

Gilthos suivit les indications de la jeune femme Elfe, et il aperçut le sentier apparaître au loin, à travers les branchages et les broussailles, mais il vit également de la terre soulevée, comme si un animal avait galopé. Il se rappela soudain que c’était ici qu’il avait rencontré son ami Flhyl, grâce à un arbre qui était semblablement marqué d’un coup d’épée ou d’hache qu’il avait utilisé comme repère. Il sut donc dans quelle direction partir, et se réorienter puisqu’il savait qu’il voyageait nord-ouest. Il repartit de bon train, regardant le paysage merveilleux s’offrir devant lui, et reconnut aussi l’endroit où il avait rencontré le vieux Druide. Il marcha pendant près d’un Yils, puis un étrange son lui parvint, venant du ciel. Cela ressemblait à un sifflement d’aile, comme si un énorme oiseau piquait vers la terre, il regarda vers le ciel et vit une énorme créature plonger sur lui, il se jeta à terre ! La bête se posa devant lui.

Une très puissante aura démoniaque l’entourait, elle portait une peau de couleur grisâtre et recouverte d’écailles, semblables aux Dragons. Elle avait également de grandes ailes se finissant par deux griffes acérées.

Finalement, elle parla ;

Toi qui ose protéger cet animal, je dois vous anéantir ! À moins que tu coopères et que tu me le donnes, là je te laisserai la vie sauve ! dit-elle en pointant l’écureuil.

Ja... Jamais je te donnerai Flhyl ! Je me sacrifierais pour le sauver !

Saches, petit Elfe Sylvain, que tu n’es qu’un jeune Druide en voie d’apprentissage, et que tu parles à une Ancienne Wyverne, et j’ai le devoir d’empêcher à cet animal de sortir de ces bois, et que nous le tuerions si elle essayait, elle le sait !

Gilthos fut bouche bée ! Une Ancienne Wyverne ! Voilà la raison de cette ressemblance aux Dragons, ce dernier étant le cousin de cette créature ! Ces bêtes avaient déserté Keregrynn depuis des millénaires ! Ces créatures fantastiques protégeaient certains territoires ayant une forte magie les environnant. Comment ferait-il pour résister ne serait-ce qu’une minute face à cet adversaire ! Aussi, pourquoi les Hauts-Mages de l’Assemblée lui avait envoyé cette créature ? Seuls les archimages sont capables de les combattre !

La Wyverne prit son envol.

Ton amour des animaux t’aura tué, et Flhyl aussi mourra ! Mais tu pourras tout de même te vanter d’être mort par la puissance d’une Ancienne Wyverne !

Jamais je ne serai digne d’une mort causé par un être aussi perfide que toi !

La créature fit alors apparaître un mur de flamme devant Gilthos, et elle piqua à une vitesse hallucinante.

L’Elfe n’eut le temps que d’invoquer un bouclier physique l’entourant, et la créature le frappa de plein fouet ! Son coup le fit tomber à terre. Il vit le sang s’écouler lentement d’une plaie béante sur son torse, l’écureuil arriva alors et se mit à briller d’une douce lueur bleutée, et soigna la blessure. Le jeune Druide fut tellement étonné par cette guérison qu’il en oublia la bête qu’il combattait. Elle poussa un cri et Gilthos revint à lui, et essaya de riposter avec un trait de glace, mais il ne put finir son incantation, tellement sa blessure le faisait souffrir. C’était comme si une multitude de griffes le déchiquetait et le lacérait.

Je te croyais moins résistant, Elfe, mais cette résistance ne te sauvera pas, et elle ne fera que d’empirer ta souffrance ! hurla l’affreuse mais comment puissante créature. Les Wyvernes ont toutes un élément où elle sont maîtres, et bien, moi je contrôle l’électricité et la foudre à merveille, et je te fais l’honneur de mourir sous ma plus dévastatrice attaque... et de plus, je n’aurai pas à attaquer l’écureuil, puisque vous périrez ensemble !

Elle finit par un rire démoniaque empreint de haine.

L’ancestrale bête concentra les ions les entourant et fit naître un orage électrique dévastateur.

Tout est fini... j’ai échoué à l’Épreuve... mais pourquoi m’ont-ils envoyer cette créature ? Son attaque aurait raison d’eux-mêmes ! pensa Gilthos, désespéré. Et Flhyl...

L’orage éclata alors, détruisant les majestueux arbres de la forêt... le jeune Druide vit alors qu’un éclair allait le frapper, mais entendit une plainte déchirante, et il s’évanouit...

Le jeune Elfe entendit des voix quand il se réveilla, mais il n’ouvrit pas les yeux...

Je ne trouve aucune explication valable à ce qui est arrivé, dit une voix songeuse.

Nous devons étudier encore plus profondément, alors peut-être trouverons-nous chose capable d’expliquer les événements, en grommela une autre.

Il reprend conscience ! Apportez-lui de quoi le restaurer !

Gilthos entendit des pas s’éloignés en vitesse et quelqu’un lui parla avec une douce voix lui rappelant de lointains souvenirs...

Comment te sens-tu ?

Je ne sais pas... je suis étourdi... qui êtes-vous ? demanda le jeune Elfe, en cillant les yeux.

Je suis Porthias, te souviens-tu de moi ?

Le jeune Druide put alors ouvrir les yeux et regarda autour de lui. Il était dans une salle qui lui semblait familière... ces coffres, ces étagères et ces portraits... Il était dans l’antichambre précédant la Salle de l’Assemblé, mais comment y était-il parvenu ?

La Tour de Magie Elfique... murmura-t-il.

Si tu sais où nous sommes, tu n’as pas perdu ta mémoire, très bien ! répondit le Grand Maître...

Comment suis-je venu ici ? Comment me suis-je échapper de ce monde ?

N’oublie pas que c’est nous qui t’y avons envoyé, nous pouvions te ramener dès que nous le voulions !

Mais j’ai échoué à l’Épreuve ! Pourquoi m’avoir sauvé ?

Un autre Elfe arriva.

Tu poses trop de questions. Restaures-toi et reposes-toi, peut-être y verras-tu plus clair... dit Uhoin en déposant un plateau sur une table.

Non ! Attendez, je...

Mais la voix de Gilthos s’évanouit, ce dernier voyant qu’il était maintenant dans une chambre à l’allure accueillante.

Je devrais suivre le conseil du Seigneur Porthias et prendre du repos.

Il mangea alors et se coucha, mais avant de s’endormir, il sentit une douleur au niveau de la taille...

Le lendemain, enfin ce que croyais le jeune Druide, il était serein et décida d’explorer la Tour puisque personne ne vint s’occuper de lui. En voulant sortir de sa chambre, il s’aperçut que la porte était verrouillée.

Cela me fera un peu d’entraînement... dit-il avec entrain.

Il psalmodia quelques paroles et la serrure s’illumina d’une aura d’un bleu pâle.

Des mages de leur stature faire un si simple sortilège de verrouillage est étrange, je ferai attention en l’annihilant.

Gilthos incanta et quelques fils bleus apparurent, il les examina l’un après l’autre, et en tira deux simultanément. Il en apparut alors un doré reliant ceux que le jeune Elfe avait tirés. Il y eut un déclic et un mage entra prestement dans la chambre.

Je vois que notre nouveau sortilège marche à merveille, dit-il en regardant la serrure. Puis, regardant le jeune Druide, il demanda ; Pourquoi as-tu essayé de sortir ?

Voyant que personne n’était venu à moi, j’avais décidé d’aller vous voir, tout simplement... mais dites-moi, comment pouvons-nous rendre invisible un fil de verrouillage ? J’ai déjà essayé mais je n’ai pu réussir...

Tu l’apprendras plus tard, mais maintenant, suis-moi !

Gilthos regarda une dernière fois la serrure d’acier et suivit le mage, inspectant chaque objet du couloir qu’il traversait. Observant le marbre constituant le plancher, il vit une amulette de couleur grise aux reflets argentés. Il la prit avec intention de la donner au mage, mais quand il voulut lui parler le sorcier le réduit au silence sans même s’arrêter. Ce dernier lui chuchota alors :

Ne parle pas si fort, tu pourrais briser la concentration des personnes ici. Il s’arrêta soudain devant une porte de marbre rose. Voici la Salle de l’Assemblée, entres-y.

Gilthos poussa doucement la porte et entra. La pièce était éclairée mais il n’y avait aucune source de lumière apparente, et la lumière n’apportait aucune chaleur, on pourrait même dire qu’elle semblait être froide et choquante. Toute la salle était construite de quartz translucide, laissant voir le magnifique paysage entourant cette construction d’origine magique et très ancienne. Le jeune Druide mit vivement l’amulette dans une de ses poches lorsqu’il y entra en cet endroit. Il y vit les Trois Hauts-Mages assis en des sièges d’obsidiennes, une pierre volcanique de couleur noire, contrastant curieusement avec le reste de l’architecture même s’ils étaient sculptés aussi artistiquement. Cette pièce était dénudée d’objets et c’était sûrement pour cela qu’elle semblait si grande.

Gilthos, crois-tu avoir réussi ton Épreuve ?

Le mage qui venait de parler portait la robe rouge, symbole de Neutralité. Son visage était indistinct avec cette lumière éblouissante.

Non, j’ai lamentablement échoué face à l’Ancienne Wyverne. Et concernant cette dernière... Mais le Robe rouge l’intima au silence d’un geste de la main.

Saches que jamais nous n’aurions introduit pareille créature comme obstacle dans une Épreuve ! Pendant l’inspection de cette forêt, nous n’avions découvert aucune créature de la sorte, et nous ne pouvons qu’émettre d’étranges hypothèses peu probables concernant cet incident. Nous avons donc décidé, après de longues discussions, que tu es apte à recevoir le titre de Mage, et non plus celui d’Apprenti. Nous te félicitons, Seigneur Gilthos Hilthas, tu es désormais un Druide, ami de la Nature.

Le jeune Elfe fut submergé par la joie ! Lui, devenu un Druide accompli ! Mais soudain il regarda son torse... la blessure était toujours présente mais ne le faisait plus souffrir.

Merci, mais j’ai une faveur à vous demander ; pouvez-vous me guérir ?

Cela dépasse nos moyens, malheureusement. Jamais nous n’avions vu une telle personne marquée de la sorte, même les plus puissants Chevaliers de l’Ombre n’ont jamais infligé pareille blessure à leurs adversaires.

Gilthos se souvint d’une chose ; ces Chevaliers possédaient un don leur permettant de blesser leurs ennemis seulement au toucher, pourtant c’était une griffe et non une main qui l’avait blessé. Il regarda de nouveau sa blessure et vit bien une main et non une trace de griffes...

C’est exact, jeune Druide, cela nous déconcerte d’autant plus... répondit le mage aux robes noires, comme s’il avait lu les pensées du jeune Elfe. Nous étudierons tout cela et nous t’en ferons part dès que nous serons arrivés à une conclusion crédible. Mais maintenant, tu dois nous quitter, le chemin du retour sera long et tu dois arriver à temps pour la sélection du Conseils des Mages Elfes de Qualinist.

Bien, mais puis-je rester aujourd’hui ?

Faveur accordée ! Nous te laissons explorer la Tour à ta guise, mais n’essaie pas d’entrer en des salles verrouillées, tes découvertes pourraient t’être fatales.

Je suivrai cette consigne.

Gilthos se retrouva dans sa chambre quand il eut fini de prononcer cette parole. Il se mit à arpenter le dédale de couloirs, faillant se perdre à maintes reprises. Il fit la rencontre de plusieurs Druides, apprenant quelques secrets et recevant quelquefois des objets. De retour dans sa chambre, il enleva sa robe blanche aux bordures vertes et s’endormit presque immédiatement dans un lit aux draps de soie d’une blancheur immaculée.

Le lendemain, se levant, le jeune Druide examina les cadeaux de ses confrères. Il possédait désormais plusieurs anneaux et amulettes, mais ne sachant pas tous leurs effets il ne préféra pas les mettre. En les rangeant, il vit une amulette à la forme décagonale, plutôt rare pour une amulette. Il se souvint de l’avoir trouvée en se dirigeant vers la Salle de l’Assemblée, il fourra le tout dans ses poches et sortit de sa chambre avec l’espoir de trouver des mages de l’Assemblée. Il marcha longuement à travers les corridors mais et ne vit q’un loup, familier d’un Druide qu’il avait rencontré le jour précédent. Il se résigna à rendre l’objet à son propriétaire, et ce dernier était bien capable de le rejoindre quand il en aurait besoin ! Il descendit jusqu’au rez-de-chaussée et se retrouva devant une porte de marbre sillonnée de veines noires. Il l’ouvrit et quitta la clairière, se dirigeant vers les épais bois, mais avant de s’y engager il voulut admirer une dernière fois cette construction d’une beauté inimaginable pour beaucoup, mais elle s’était déjà volatilisée puisqu’elle n’apparaissait que pour les personnes invitées.

Gilthos entra dans " l’Auberge du Gobelin Sanglant ". C’était la première auberge depuis cinq jours et ses rations étaient épuisées. Quelques personnes le regardèrent avec un air de dégoût mais reprirent leur discussion rapidement. La construction était faite essentiellement de bois, seul l’âtre était de pierre. Il alla s’asseoir à l’autre extrémité d’une grande table en chêne rouge où deux silhouettes encapuchonnées discutaient. En s’asseyant, il vit qu’ils étaient de race Elfe, mais il n’osa pas leur parler. Il prit seulement du pain, de la viande sèche, des gourdes d’eau, et loua une chambre pour passer la nuit. Il alla se coucher vers le cinquième Yils, sa chambre n’était pas très accueillante ; elle ne contenait qu’une table à la patte brisée et un lit à même le sol. Quelques instants plus tard, des coups vinrent de la porte, Gilthos entrebâilla la porte et observa les deux personnes se tenant devant la porte, il les fit entrer reconnaissant les Elfes qui étaient assis à sa table.

Mes salutations, frère Elfe, dit l’inconnu.

Salutations ! Je me présente ; je me nomme Gilthos Hilthas, je retourne à ma patrie.

Mon nom est Talysua Shalas et ma compagne, Waalfas Colsyu, nous cherchons la cité Elfe ‘’ Daslhes ‘’. Pouvez-vous nous aider ?

Bien sûr ! Je me rends à Qualinist, vous pouvez m’accompagner mais rendu là je crains que je ne puisse vous indiquer que le chemin à prendre. Heureusement, ces villes ne sont pas très éloignées l’une de l’autre. Mais vous me semblez pressés, qui a-t-il ?

Ma femme porte un enfant et il serait préférable qu’elle accouche en une cité qu’en pleine nature.

Daslhes n’est pas très loin, mais je peux vous héberger à Qualinist si vous voulez.

Non, on nous attend là-bas... et merci de nous escorter, les chemins précédents le Qinalost, Royaume des Elfes Sylvains, sont arpentés par les plus vils mercenaires, et je vois que vous être un pratiquant des Arcanes.

Pas exactement, je ne contrôle pas les Arcanes mais la Nature, je suis un Druide, et je saurai vous protéger, mais étant un novice dans cet art je ne puis assurer la meilleure protection.

J’ai une dernière faveur à vous demander ; pouvons-nous dormir ici ? Nous n'avons presque plus de pièce de monnaie.

Ce me fait plaisir ! Et Dame Waalfas, je vous laisse même le lit !

Ho, merci, Druide Gilthos. Nous vous sommes très reconnaissants ! dit-elle en allant s’asseoir sur le bord du lit.

Le jeune Elfe s’installa sur le plancher de bois d’érable et essaya de trouver une position confortable, il vit Talysua faire de même.

Quand Gilthos se réveilla, son compagnon était déjà levé et déjeunait tranquillement sur la table, et vit que ce dernier avait remplacé la patte cassée par ses ustensiles. Voyant qu’il se levait, il parla au jeune Druide.

J’ai préparé un maigre déjeuner à partir de tes fruits, cela te dérange-t-il ?

Aucunement, et je te remercie même.

Entendant du bruit, Waalfas se leva.

Bonjour, avez-vous bien dormi ? demanda gentiment le jeune Elfe.

Oui, très bien, mais je vous en prie arrêtez de nous vouvoyer, nous n’en méritons pas tant !

Si tel est ton désir. Talysua, as-tu déjà combattu ?

Seulement à distance, je suis archer, mais malheureusement mon arc s’est brisé quand des Trolls ont attaqué mon campement. J’ai essayé d’en fabriquer d’autres mais j’ai échoué à chaque tentative. Peut-être es-tu meilleur que moi ; j’ai encore le bois et la corde nécessaire, répondit-il en sortant une branche et du fil d’un sac.

Je crois pouvoir le faire, ces matériaux proviennent de la Nature.

Gilthos ferma alors les yeux, et sous l’étonnement du jeune couple, il incanta en courba doucement le bois et y attacha la corde avant même que l’archer lui ai donné les appareils permettant la fabrication d’arcs.

Je crois avoir réussi, veux-tu l’essayer sur une cible ?

N... non. Ne perdons pas de temps avec cela !

Alors, finissons de nous restaurer et partons, dit Waalfas, visiblement irritée par l’impatience de son compagnon.

Ils finirent de manger sans discuter et emballèrent leurs affaires rapidement. Ils sortirent de l’auberge sans accorder un regard aux personnes se levant et se dépêchèrent sur la route humide. Leur voyage se passa tranquillement et ne tombèrent dans aucune embuscade, ce qui les étonnait grandement. Il arrivèrent bientôt à une intersection où deux panneaux résidaient. Sur l’un était écrit le nom de Qualinist - Capitale Elfique, et sur l’autre Daslhes.

Nos chemins nous séparent ici, j’espère que vous ferez bon voyage, et envoyez-moi un messager quand l’enfant naîtra !

Bien sûr ! Au revoir, Ami Gilthos !

Le jeune Druide continua sur la voie menant vers l’est. Au soir, vers le sixième Yils, il estima qu’une autre journée de marche sera suffisante pour atteindre la cité.

Le lendemain, le jeune Elfe fut réveillé par un bruit. Il se leva et vit un écureuil courant d’un arbre à l’autre avec une certaine agilité qu’il n’avait pas vu depuis longtemps. Il l’observa et sembla l’avoir déjà vu dans un lointain souvenir, et soudain, le petit animal s’arrêta devant lui, et Gilthos le reconnût aussitôt ; c’était Flhyl ! Ce dernier monta sur l’épaule du jeune Druide et se mit à grignoter un gland. Les mages l’avait-il aussi transporté en ce monde ? De toute façon c’était sans importance, il continua donc sa route en parlant avec son petit compagnon. À la fin du huitième Yils, le dernier de la journée, il arriva enfin à Qualinist, cité si belle par son intégration dans la Nature. Il alla directement chez lui, où il ne fut accueilli que par son mentor, lisant le premier livre de sorts de son ancien élève. Gerhas ne leva même pas les yeux quand il entendit quelqu’un entrer.

Qui êtes-vous ? demanda-t-il d’une voix anormalement triste.

Quelqu’un revenant d’un long voyage.

Entendant cette voix familière, il se leva et serra Gilthos dans ses bras.

Je croyais ne plus te revoir après tant de temps, dit-il, ému.

Je l’ai cru un moment aussi.

Je vois que tu as choisi la Voie Druidique du Bien. Je suis fier de toi !

Je dois me reposer...

Bien sûr, et moi aussi je dois me retirer, je dois rejoindre un vieil ami dans une région éloignée, au revoir, cher ami ! Ha oui, et n’oublie pas de poser ta candidature au Conseil !

Oui, oui, je n’oublierai pas. Au revoir, ami de toujours !

¤ FIN ¤

Histoire écrite par Sébastien Ouellet, le webmaster de Histoires Elfiques