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L’Épreuve de Gilthos Dans cette chronique se racontera l’Épreuve que Gilthos a dû passer pour devenir un mage accompli. Je vous conseille de lire la première chronique intitulée " Voyage à la Tour de Magie Elfique " avant d’entreprendre cette lecture. Gilthos entra dans la salle désignée par Porthias.
Gilthos essaya de déterminer la source de la voix, mais en vain. Il vit trois portails magiques s’ouvrir devant lui, un blanc, un rouge, et un noir presque indistinct en cet endroit où la noirceur était déjà omniprésente. Le jeune mage se souvint d’une chose ; chaque Épreuve est différente selon la personne, mais au commencement, il y a toujours deux étapes qui sont quasiment identiques : le choix de sa Voie et de sa spécialité où il faut passer par des portails. La race détermine les spécialités que peuvent prendre les jeunes apprentis. Gilthos étant un Elfe Sylvain, il n’avait que le choix entre être un Druide, grand ami de la nature ou être un Enchanteur, spécialiste des enchantements. Il entra dans le portail de la Voie Blanche et se retrouva dans une salle d’une blancheur immaculée. Il vit un portail vert, sûrement celui du Druide puisque cette couleur représente la nature, il le traversa. Gilthos arriva sur une plate-forme de bois suspendue à un arbre, et il y en avait plusieurs autres.<< Cet endroit est majestueusement beau ! >> pensa-t-il. Le jeune Druide regarda l’écriteau le plus près, << Kalithin >> y lut-il.
Gilthos se retourna et vit une magnifique jeune femme Elfe.
La Druidesse se téléporta, disparaissant devant les yeux de Gilthos. << Je ne croyais pas que l’Épreuve serait aussi complexe, pensa-t-il. Bon, je dois trouver un endroit où je pourrai dormir >>. Il tourna sur lui-même et eut de la chance puisqu’il aperçut une auberge sur une plate-forme au sud de lui, il y entra.
Gilthos alla s’y installer, la chambre était propre et accueillante. Alagar arriva et mit une assiette sur la table. C’était du vin et du pain elfique, et ils avaient un délicieux goût très recherché. Ayant fini, le jeune elfe s’endormit sur un magnifique lit sculpté par des artisans Elfes, et il était d’un confort remarquable. Cette nuit-là, le sommeil du jeune druide n’était troublé par aucun rêve, il se réveilla serein et dispos. Il entendit un léger bruit de pas dans le couloir, l’aubergiste entra.
Gilthos sortit, il vit un merveilleux soleil se lever, << Le premier Yils doit commencer, dommage que ce si beau monde soit imaginaire >> pensa-t-il.
Le jeune Elfe était abasourdi. Il vivait dans un monde réel ! Donc il vieillissait et les gens ici présents le reconnaîtraient s’il revenait après avoir réussi l’Épreuve ! Quels gens fascinants sont les archimages de la Tour de Magie Elfique ! Il ne travailla qu’un Fhil, et après avoir fait une dernière visite de la cité, et avoir dit au revoir à ses amis, il se mit en route pour les prochaines étapes de son Épreuve. Il prit l’ascenseur indiqué par la jeune Druidesse, c’était la première fois qu’il verrait le sol en cet endroit. Cela ressemblait à sa forêt natale, mais ici la faune et la flore était différente, il prit donc son temps pour observer et admirer la nature. Il examina chaque plante, toujours plus étrange que la précédente. Certaines bougeaient même sur le passage du jeune Elfe, comme pour le saluer... Une avait des feuilles à dix points, d’autres étaient des fleurs aux pétales changeant de couleur selon le moment de la journée, jaunes-orangés à l’aube et au crépuscule, jaunes vifs pour le midi, et noirs pour la nuit. Il en cueillit quelques-unes pour sa collection personnelle, quand il aurait le temps il essaiera de détecter des propriétés magiques, puisque Gilthos connaissait assez l’alchimie pour la pratiquer. Soudain, il vit un mignon petit écureuil s’arrêter devant lui, il avait l’air épuisé. Le jeune Druide aperçut un étrange animal se dirigeant vers lui, l’écureuil devait se sauver de cette immonde bête. Il jeta un sort d’enracinement sur la créature, ce sortilège consiste à faire pousser des racines se prenant aux pieds de la cible, ce qui a pour effet de l’immobiliser. L’affreux animal lui lança un regard plein de haine, et se sauva malgré les racines, l’écureuil sauta alors sur l’épaule de l’Elfe et lui parla dans son petit langage animal. Gilthos le prit avec lui, et étant Druide, comprenait les animaux et était un de leurs grands amis. Il continua son chemin sans rencontrer d’autres problèmes. Il vit soudain un arbre, il l’avait vu sur la couverture d’un livre dédié à l’alchimie, il s’avança et lui prit un peu d’écorce et quelques feuilles, alors vint une personne à l’allure maigre. L’étrange personnage lui dit :
Gilthos le suivit sans protester. C’était un Humain habillé d’une longue robe verte avec des motifs de feuilles. Il était outillé pour ramasser des plantes, c’était sûrement un confrère Druide. Ils arrivèrent bientôt dans un petit village, il était fait de chaumières de pierres et de bois.
Sur ce, le vieux Druide partit rejoindre les autres. Gilthos fit le tour du village et le trouva magnifique, il y avait de merveilleuses plantes et tout était très bien entretenu. Il alla au temple, le deuxième Yils finissant, la faim le prit. Il put manger des mets exotiques délicieux, et la boisson était une sorte de jus de fleurs violacés d’où émanait une odeur enivrante. Il en oublia presque que c’était son Épreuve. Après s’avoir bien nourri, il alla au laboratoire du temple, il y trouva bon nombre de racines, de pétales, de feuilles, etc... et tout l’attirail de l’alchimiste. Il ôta son sac de sur son dos et il commença à faire quelques mélanges, lisant les livres avec attention.
Gilthos se remit aussitôt à ses concoctions avec plus d’enthousiasme. Il réussit à fabriquer une potion de lévitation et une potion de rapidité, sauf qu’elles avaient un affreux goût amer. Il leur ajouta du sucre d’écorce de cerisier, elles devinrent bonnes à boire et leurs odeurs ressemblaient à celle de cerises fraîchement cueillies. Le jeune Elfe ne resta au village que trois jours, mais les heures étaient plus longues en cet endroit que nulle part ailleurs. Il marcha longtemps dans la vieille forêt, ramassant herbes et plantes, saluant maints animaux, et discutant avec son petit compagnon l’écureuil, qu’il avait nommé ‘’ Flhyl ‘’, qui était un mot de l’Ancien Elfique définissant la vitesse et l’agilité. Soudain, Gilthos s’arrêta. Il regarda autour de lui avec espoir d’apercevoir un sentier, mais en vain. Il comprit qu’il était perdu en cette immensité. Il vida le contenu de son sac, cherchant désespérément un objet lui étant utile, et en examinant ses affaires, il aperçut un halo verdâtre venant de sa main gauche, il vit soudain l’anneau fait de lierres, cadeau de la jeune Druidesse, qu’il avait glissé à son annulaire. Il récita plusieurs fois son nom, un loup d’un blanc immaculé vint s’asseoir devant lui, et il se transforma en une femme Elfe.
Le jeune Druide ne put répondre, tellement il était impressionné de cette technique de lycanthropie.
Le visage de Gilthos s’illumina d’espoir.
Le jeune Elfe se rembrunit.
Puis elle partit, filant comme le vent sur un loup géant qu’elle avait appelé. Gilthos suivit les indications de la jeune femme Elfe, et il aperçut le sentier apparaître au loin, à travers les branchages et les broussailles, mais il vit également de la terre soulevée, comme si un animal avait galopé. Il se rappela soudain que c’était ici qu’il avait rencontré son ami Flhyl, grâce à un arbre qui était semblablement marqué d’un coup d’épée ou d’hache qu’il avait utilisé comme repère. Il sut donc dans quelle direction partir, et se réorienter puisqu’il savait qu’il voyageait nord-ouest. Il repartit de bon train, regardant le paysage merveilleux s’offrir devant lui, et reconnut aussi l’endroit où il avait rencontré le vieux Druide. Il marcha pendant près d’un Yils, puis un étrange son lui parvint, venant du ciel. Cela ressemblait à un sifflement d’aile, comme si un énorme oiseau piquait vers la terre, il regarda vers le ciel et vit une énorme créature plonger sur lui, il se jeta à terre ! La bête se posa devant lui. Une très puissante aura démoniaque l’entourait, elle portait une peau de couleur grisâtre et recouverte d’écailles, semblables aux Dragons. Elle avait également de grandes ailes se finissant par deux griffes acérées. Finalement, elle parla ;
Gilthos fut bouche bée ! Une Ancienne Wyverne ! Voilà la raison de cette ressemblance aux Dragons, ce dernier étant le cousin de cette créature ! Ces bêtes avaient déserté Keregrynn depuis des millénaires ! Ces créatures fantastiques protégeaient certains territoires ayant une forte magie les environnant. Comment ferait-il pour résister ne serait-ce qu’une minute face à cet adversaire ! Aussi, pourquoi les Hauts-Mages de l’Assemblée lui avait envoyé cette créature ? Seuls les archimages sont capables de les combattre ! La Wyverne prit son envol.
La créature fit alors apparaître un mur de flamme devant Gilthos, et elle piqua à une vitesse hallucinante. L’Elfe n’eut le temps que d’invoquer un bouclier physique l’entourant, et la créature le frappa de plein fouet ! Son coup le fit tomber à terre. Il vit le sang s’écouler lentement d’une plaie béante sur son torse, l’écureuil arriva alors et se mit à briller d’une douce lueur bleutée, et soigna la blessure. Le jeune Druide fut tellement étonné par cette guérison qu’il en oublia la bête qu’il combattait. Elle poussa un cri et Gilthos revint à lui, et essaya de riposter avec un trait de glace, mais il ne put finir son incantation, tellement sa blessure le faisait souffrir. C’était comme si une multitude de griffes le déchiquetait et le lacérait.
Elle finit par un rire démoniaque empreint de haine. L’ancestrale bête concentra les ions les entourant et fit naître un orage électrique dévastateur.
L’orage éclata alors, détruisant les majestueux arbres de la forêt... le jeune Druide vit alors qu’un éclair allait le frapper, mais entendit une plainte déchirante, et il s’évanouit... Le jeune Elfe entendit des voix quand il se réveilla, mais il n’ouvrit pas les yeux...
Gilthos entendit des pas s’éloignés en vitesse et quelqu’un lui parla avec une douce voix lui rappelant de lointains souvenirs...
Le jeune Druide put alors ouvrir les yeux et regarda autour de lui. Il était dans une salle qui lui semblait familière... ces coffres, ces étagères et ces portraits... Il était dans l’antichambre précédant la Salle de l’Assemblé, mais comment y était-il parvenu ?
Un autre Elfe arriva.
Mais la voix de Gilthos s’évanouit, ce dernier voyant qu’il était maintenant dans une chambre à l’allure accueillante.
Il mangea alors et se coucha, mais avant de s’endormir, il sentit une douleur au niveau de la taille... Le lendemain, enfin ce que croyais le jeune Druide, il était serein et décida d’explorer la Tour puisque personne ne vint s’occuper de lui. En voulant sortir de sa chambre, il s’aperçut que la porte était verrouillée.
Il psalmodia quelques paroles et la serrure s’illumina d’une aura d’un bleu pâle.
Gilthos incanta et quelques fils bleus apparurent, il les examina l’un après l’autre, et en tira deux simultanément. Il en apparut alors un doré reliant ceux que le jeune Elfe avait tirés. Il y eut un déclic et un mage entra prestement dans la chambre.
Gilthos regarda une dernière fois la serrure d’acier et suivit le mage, inspectant chaque objet du couloir qu’il traversait. Observant le marbre constituant le plancher, il vit une amulette de couleur grise aux reflets argentés. Il la prit avec intention de la donner au mage, mais quand il voulut lui parler le sorcier le réduit au silence sans même s’arrêter. Ce dernier lui chuchota alors :
Gilthos poussa doucement la porte et entra. La pièce était éclairée mais il n’y avait aucune source de lumière apparente, et la lumière n’apportait aucune chaleur, on pourrait même dire qu’elle semblait être froide et choquante. Toute la salle était construite de quartz translucide, laissant voir le magnifique paysage entourant cette construction d’origine magique et très ancienne. Le jeune Druide mit vivement l’amulette dans une de ses poches lorsqu’il y entra en cet endroit. Il y vit les Trois Hauts-Mages assis en des sièges d’obsidiennes, une pierre volcanique de couleur noire, contrastant curieusement avec le reste de l’architecture même s’ils étaient sculptés aussi artistiquement. Cette pièce était dénudée d’objets et c’était sûrement pour cela qu’elle semblait si grande.
Le mage qui venait de parler portait la robe rouge, symbole de Neutralité. Son visage était indistinct avec cette lumière éblouissante.
Le jeune Elfe fut submergé par la joie ! Lui, devenu un Druide accompli ! Mais soudain il regarda son torse... la blessure était toujours présente mais ne le faisait plus souffrir.
Gilthos se souvint d’une chose ; ces Chevaliers possédaient un don leur permettant de blesser leurs ennemis seulement au toucher, pourtant c’était une griffe et non une main qui l’avait blessé. Il regarda de nouveau sa blessure et vit bien une main et non une trace de griffes...
Gilthos se retrouva dans sa chambre quand il eut fini de prononcer cette parole. Il se mit à arpenter le dédale de couloirs, faillant se perdre à maintes reprises. Il fit la rencontre de plusieurs Druides, apprenant quelques secrets et recevant quelquefois des objets. De retour dans sa chambre, il enleva sa robe blanche aux bordures vertes et s’endormit presque immédiatement dans un lit aux draps de soie d’une blancheur immaculée. Le lendemain, se levant, le jeune Druide examina les cadeaux de ses confrères. Il possédait désormais plusieurs anneaux et amulettes, mais ne sachant pas tous leurs effets il ne préféra pas les mettre. En les rangeant, il vit une amulette à la forme décagonale, plutôt rare pour une amulette. Il se souvint de l’avoir trouvée en se dirigeant vers la Salle de l’Assemblée, il fourra le tout dans ses poches et sortit de sa chambre avec l’espoir de trouver des mages de l’Assemblée. Il marcha longuement à travers les corridors mais et ne vit q’un loup, familier d’un Druide qu’il avait rencontré le jour précédent. Il se résigna à rendre l’objet à son propriétaire, et ce dernier était bien capable de le rejoindre quand il en aurait besoin ! Il descendit jusqu’au rez-de-chaussée et se retrouva devant une porte de marbre sillonnée de veines noires. Il l’ouvrit et quitta la clairière, se dirigeant vers les épais bois, mais avant de s’y engager il voulut admirer une dernière fois cette construction d’une beauté inimaginable pour beaucoup, mais elle s’était déjà volatilisée puisqu’elle n’apparaissait que pour les personnes invitées. Gilthos entra dans " l’Auberge du Gobelin Sanglant ". C’était la première auberge depuis cinq jours et ses rations étaient épuisées. Quelques personnes le regardèrent avec un air de dégoût mais reprirent leur discussion rapidement. La construction était faite essentiellement de bois, seul l’âtre était de pierre. Il alla s’asseoir à l’autre extrémité d’une grande table en chêne rouge où deux silhouettes encapuchonnées discutaient. En s’asseyant, il vit qu’ils étaient de race Elfe, mais il n’osa pas leur parler. Il prit seulement du pain, de la viande sèche, des gourdes d’eau, et loua une chambre pour passer la nuit. Il alla se coucher vers le cinquième Yils, sa chambre n’était pas très accueillante ; elle ne contenait qu’une table à la patte brisée et un lit à même le sol. Quelques instants plus tard, des coups vinrent de la porte, Gilthos entrebâilla la porte et observa les deux personnes se tenant devant la porte, il les fit entrer reconnaissant les Elfes qui étaient assis à sa table.
Le jeune Elfe s’installa sur le plancher de bois d’érable et essaya de trouver une position confortable, il vit Talysua faire de même. Quand Gilthos se réveilla, son compagnon était déjà levé et déjeunait tranquillement sur la table, et vit que ce dernier avait remplacé la patte cassée par ses ustensiles. Voyant qu’il se levait, il parla au jeune Druide.
Entendant du bruit, Waalfas se leva.
Gilthos ferma alors les yeux, et sous l’étonnement du jeune couple, il incanta en courba doucement le bois et y attacha la corde avant même que l’archer lui ai donné les appareils permettant la fabrication d’arcs.
Ils finirent de manger sans discuter et emballèrent leurs affaires rapidement. Ils sortirent de l’auberge sans accorder un regard aux personnes se levant et se dépêchèrent sur la route humide. Leur voyage se passa tranquillement et ne tombèrent dans aucune embuscade, ce qui les étonnait grandement. Il arrivèrent bientôt à une intersection où deux panneaux résidaient. Sur l’un était écrit le nom de Qualinist - Capitale Elfique, et sur l’autre Daslhes.
Le jeune Druide continua sur la voie menant vers l’est. Au soir, vers le sixième Yils, il estima qu’une autre journée de marche sera suffisante pour atteindre la cité. Le lendemain, le jeune Elfe fut réveillé par un bruit. Il se leva et vit un écureuil courant d’un arbre à l’autre avec une certaine agilité qu’il n’avait pas vu depuis longtemps. Il l’observa et sembla l’avoir déjà vu dans un lointain souvenir, et soudain, le petit animal s’arrêta devant lui, et Gilthos le reconnût aussitôt ; c’était Flhyl ! Ce dernier monta sur l’épaule du jeune Druide et se mit à grignoter un gland. Les mages l’avait-il aussi transporté en ce monde ? De toute façon c’était sans importance, il continua donc sa route en parlant avec son petit compagnon. À la fin du huitième Yils, le dernier de la journée, il arriva enfin à Qualinist, cité si belle par son intégration dans la Nature. Il alla directement chez lui, où il ne fut accueilli que par son mentor, lisant le premier livre de sorts de son ancien élève. Gerhas ne leva même pas les yeux quand il entendit quelqu’un entrer.
Entendant cette voix familière, il se leva et serra Gilthos dans ses bras.
¤ FIN ¤ Histoire écrite par Sébastien Ouellet, le webmaster de Histoires Elfiques |